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SUR LES RAILS DE

L'HISTOIRE

Rails & histoire, l'Association pour l'histoire des chemins de fer vous propose de plonger dans l'histoire des chemins de fer au travers de nombreux domaines (législatifs, techniques, commerciaux etc...).Ces thèmes et dossiers seront amenés à évoluer au fil du temps : regroupements ou nouvelles déclinaisons pour les premiers, enrichissements pour les seconds.

En marge des 75 ans de la SNCF

Le 30 octobre 2012, l’ancienne halle des messageries de Paris-Austerlitz (« Halle Freyssinet ») a servi de support aux manifestations organisées par la SNCF à l’occasion de la célébration de ses 75 ans. Séquence émotion, quatorze anciens cheminots ont été invités à retracer l’histoire de l’entreprise à travers leur expérience. Nous apportons ici notre pierre à l’édifice avec le témoignage laissé par Charles Boyaux (1896-1993) qui, autorisé à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er juin 1958, a confié au Bulletin intérieur d’informations à l’usage des fonctionnaires supérieurs (n° 25, spécial non daté) le soin de publier une lettre en date du 31 mai adressée à l’ensemble de ses collaborateurs.



Polytechnicien, entré au PLM en 1923, premier directeur commercial de la SNCF en 1938, directeur général adjoint en 1946, directeur général en 1955, Ch. Boyaux a notamment tenu à rappeler dans cette lettre comment il avait vécu professionnellement la « nationalisation » de 1938 et comment la guerre, l’occupation et la reconstruction avaient accéléré l’amalgame d’hommes venus d’horizons différents au sein de la grande « Maison ».


« J’ai été le premier Directeur Commercial de la S.N.C.F., il y a 20 ans, en 1938, et je me souviens, moi qui étais comme chacun de vous étroitement attaché à mon Réseau d’origine, de mon désarroi devant cette concentration, qui me paraissait artificielle, au 54 Boulevard Haussmann, d’agents venus des quatre points cardinaux, apportant les uns et les autres des meubles disparates et des habitudes différentes. Chacun d’eux, comme moi-même, regrettait son ancienne maison et ses traditions, à une époque où le sigle « S.N.C.F. » lui-même était totalement inconnu du grand public.


« Et puis très vite sont arrivées la guerre et l’occupation, avec leur cortège de difficultés sans rapport avec tout ce que nous avions connu auparavant ; elles se sont chargées de démontrer que, dans une telle période, sans l’unité de commandement de la S.N.C.F., aucun des grands problèmes de transport et de ravitaillement liés au bon fonctionnement des Chemins de fer n’aurait pu être convenablement résolu.


« Après la guerre ont surgi d’autres problèmes instants : la reconstruction, le renouveau de la concurrence de la route à un niveau jamais atteint, les attaques menées contre le Réseau National en agitant le spectre du déficit.


« C’est pendant toute cette période de la guerre et de l’après-guerre que s’est cimentée l’unité de la S.N.C.F. : chacun de nous s’est alors senti étroitement lié à tous ses collègues pour faire face à ces épreuves, et définitivement convaincu que, sans cette unité, nous n’aurions pas été à l’échelle des difficultés rencontrées.


« C’est enfin grâce à cette même unité de la S.N.C.F. qu’a été finalement réalisé, devant l’opinion publique, ce prodigieux redressement de la cause du Chemin de fer, mettant en évidence des progrès sans précédents dans l’ordre technique, économique et commercial.


« Aujourd’hui notre Maison repose sur des bases solides ; sa réputation n’est plus à faire, aussi bien en France qu’à l’étranger, et la fierté de ma vie sera d’avoir été, pendant quelques années, à la tête de cette magnifique organisation française. »

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